vendredi 5 septembre 2008

Jour 3 : A Coruña

La Coruña, seconde ville la plus peuplée de Galice et affichant une des densités de population les plus élevées d'Espagne. Anciennement capitale de Galice depuis 1563. La ville fonctionne beaucoup sur le tourisme et les services contrairement à Vigo.

Le nom de la ville vient de "acrunia" en latin et veut dire "la péninsule". Ou de "corona" qui veut dire "lieu en hauteur". A moins que ça ne vienne de Cronos ou "corono", ou peut-être que ça vient du Celte "clunia" qui se transforme avec le temps en Crunnia, Cruña, Curuña et Coruña. Sinon, ça peut venir de l'époque pré-romaine avec une racine en "Cor/Car" qui veut dire "pierre près de l'eau"... En fait, ils n’en savent rien, ils ne veulent pas l'admettre, mais moi je veux bien vous le dire.

Le moment culturel maintenant : un résumé de l'histoire fantastique de La Coruña, la ville de toutes les malédictions.

Comme dans presque toutes les villes d'Europe avant J.C, il y avait des peuples anciens que les Romains ont soit atomisés ou absorbés. Je n'ai pas trouvé comment les tribus locales de Coruña ont été "traitées" par les Romains, mais je pense qu'ils les ont atomisées. On pardonne leur côté impulsif car ils vont construire au deuxième siècle le seul phare romain, et donc le plus vieux du monde, encore en activité de nos jour : la tour d'Hercule.

Lorsque les romains commencent à se reposer sur leurs lauriers (haha, blague !) et à perdre leurs batailles, les Suèves s'emparent de la ville. Ces derniers se font naturellement étaler (comme tout le monde) par des Visigoths complètement déchirés. En 711, l'invasion de la péninsule ibérique par les Arabes n'aura que peut d'influence sur la ville. C'est nettement moins vrai pour le passage des Vikings entre le 9eme et 10eme siècle qui videra littéralement la ville et détruira a peu près la totalité de la zone. Si je devais monter une société, ce serait pour vendre des produits de nettoyage sous la marque "Viking" : "Viking nettoie bien et vite". Il faudra attendre le 13ème siècle pour que la ville soit réellement refondée et repeuplée pour être de nouveau revidée par une épidémie en 1800. La terre n'est pas bonne.

Ajoutons à cela un maximum de problèmes d'émigration qui s'étendent à toute la Galice et c'est le boxon total. Au final la ville s'en tire bien ; dans les années 1960, on compte environ 60 000 nouveaux habitants en à peine 10 ans avec la création de nouveaux quartiers au style atypique pour l'Espagne en raison de bâtiments assez hauts qu'on ne trouve quasiment qu'à Barcelone ou Madrid.

Début de la série de photos. Ma première impression en arrivant vers 11H a été de visiter Madrid version plage/palmiers...

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La rue principale (ci-dessus) longe la côte et le port. On entend les énormes navires "klaxonner" dans toutes la ville, ça donne une ambiance assez unique.

A ce moment là, mon appareil photo n'avait plus de batterie, j'ai dû faire une pause d'environ 2H dans un Burger King pour le recharger. J'en ai profité pour me laver dans les toilettes pour handicapés. Et pour manger. Le tout pour 6'20€, c'est pas mal du tout. Je suis ressorti après le coup de chaud de 14H, direction le vieux Coruña puis le littoral.


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La tour de contrôle maritime, un des édifices les plus hauts de la ville.

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Je n'ai pas compris non plus.

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Le vieux Coruña, petit, peu intéressant.

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Une triste place principale qui se prépare pour les fêtes d'été.

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Je pense que ce sont des logements sociaux, destinés à... ha, on me dit dans l'oreillette que ce sont pour les Touristes. Pas de chance les pauvres !


J'ai fini par atteindre le littoral après un passage dans ghettos à touristes.

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Haaaaaaaaaaaaaaaa !!!! (en grand ici)

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Haaaaaaaaaaaaaaa. (en grand ici)

Le reste est la partie nord de la ville, où les premiers immeubles sont assez loin de la mer, ça fait du bien, car le reste de la ville est vraiment construit au pied de la mer, c'est moche. L'avantage est que les Touristes sont tellement occupés à se baigner dans la partie moche que la partie plutôt jolie est vraiment vide de monde. Très agréable.

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Dans le fond, la tour d'Hercule.

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La simplicité à l'état... le plus simple.

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Hercule qui crâne alors qu'il s'est échoué.

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Un truc.

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La fameuse tour.

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Une tête de Maure.

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Lorsque Berlin s'est vue divisée par un mur, les habitants de Coruña ont trouvé ça original et on décidé de faire pareil. Ils ont commencé... et vite arrêté, l'emplacement était mauvais parait-il...

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Après quoi j'en eu ai marre, je suis parti pour Ferrol vers 19:30. Coruña n'est pas spécialement intéressant, le littoral nord est sympa, mais ça ne vaut pas le déplacement à mon avis.

Dans les prochains jours : Ferrol et Lugo pour terminer le voyage puis Tolède et Salamanque pour remonter le niveau !

jeudi 4 septembre 2008

Jour 2 & 3 : Saint-Jacuqes-de-Compostelle

En route pour le centre. Pour savoir si on est sur la bonne route il suffit de faire attention à la fréquence d'apparition des édifices religieux. Ou suivre les panneaux "Chemin de Compostelle" qui mènent à la Cathédrale. De là d'où je suis arrivé, il n'y avait pas le balisage pour pèlerins donc je me suis tracé une route balisée à grand coups de clochers.

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Un bel arrangement électrique.

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Un concert devant une grande église en train de se mettre en place.

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Promenade aléatoire. Mais il y a un clocher dans le fond.

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A suivre les clochers toujours plus hauts, on finit par arriver fatalement devant la Cathédrale. Il était 21H30 je pense, la place accueillait encore des dizaines de pèlerins. Ambiance sympa ; pour la première fois je me sentais normal avec mes sacs à dos. Le bâtiment sur la photo n'est pas la cathédrale bien sûr !
La cathédrale est sur ma gauche au moment de la photo. C'est simplement pour garder le meilleur pour la fin. J'étais la seule personne en train de photographier ce bâtiment.
Je suis reparti vers une autre direction après quelques minutes de pause pour trouver un plan de la ville. En cherchant je suis passé devant l'office de tourisme pour rire. Bien sûr à 21H40 je ne m'attendais pas à un miracle.

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Ci-dessus, l'horarie.

Déception cependant : pas de plan affiché. En continuant à tourner au hasard, j'en ai trouvé un moyen qui m'indiquait du "vert" un peu partout dans la ville.

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Je finis par trouver un parc ! Joie. On fatigue vite à marcher autant, j'ai hâte de m'étendre. Je pense déjà que ça va être assez compliqué de se trouver un coin tranquille. Avec la quantité de pèlerins qu'il y a, le parc va ressembler à un hôtel.

Au milieu du parc, une église, autour : des arbres, c'est assez grand et plutôt joli. Comme je n'ai pas le courage de visiter les autres parcs pour voir s'il n'y en a pas de mieux, je décide de rester là 30-40 minutes pour chercher le meilleur coin pour dormir un peu caché, et aussi pour "analyser" la fréquentation du parc. A cette heure là (22H30-23H30), ce sont surtout des gens qui promènent leur chiens, pas de punks, pas de dealers a priori, ça m'a l'air tout à fait honnête. Alors que je décide de m'installer sous un arbre, je me dis que je suis trop facilement repérable ou "marchable dessus". Je décide donc de sauter le petit muret de l'église pour m'installer dans son jardin. Juste de l'herbe mais bien entretenue, dense, un peu longue, le meilleur matelas possible en "ville". Je me mets donc proche de l'église de pierre qui a pris le soleil toute la journée (avant que le temps se gâte) et du petit muret qui a fait pareil. Pas trop près tout de même, histoire de ne pas être dans un coin qui pourrait être utilisé comme urinoir...En tout cas, pas un seul dormeur à la belle étoile au moment où je me couche.

La nuit est encore super agréable, c'est le bonheur intégrale de dormir à la belle étoile, le vent se rafraichit et tourne un peu, ce qui n'est pas forcement très bon signe si l'on considère les nuages du moment. J'ai encore eu de la musique, le concert que j'avais vu se mettre en place battait son plein à minuit. A plusieurs reprises dans la nuit, des voitures (police?) vont passer dans le parc tranquillement. De mon côté du muret, je ne voyais que les ombres s'étaler à l'extrême sur le mur de mon église. De même pour les passants. Assez cool je dois avouer.

7h, je me fais réveiller par une goutte d'eau qui me tombe sur l'œil. J'ouvre les yeux pour contrôler ça.

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C'est pas terrible tout ça. En tout cas les 3 gouttes d'eau tombées ne m'ont pas fait plier bagage. Je me rendors 10minutes... Là c'est un coup de tonnerre qui me réveille et une dizaine de gouttes, là par contre, je plis bagage.


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Un photo-seconde de mon campement. On retourne son duvet côté noir quand on dort dehors dans un parc, on devient ninja, on devient la nuit, on devient Saint-Jacques.


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Ma piaule.


Là c'est tout ce que j'ai pu photographier avant que la pluie devienne sérieuse, je saute donc le muret visible à gauche, mets mes sacs à dos, prends mon duvet sous le bras et mon tapis encore gonflé sur la tête et je cours vers les arbres du parc m'abriter.
J'arrive donc comme une furie à l'abri et me fais charger par 2 chiens (un dalmatien et un genre cocker) qui arrivent en aboyant. Forcement avec la surface que je représente avec mon tapis dans le vent et mes sacs, ils ont pas dû aimer. Bref, ils ont surtout eu peur et restent alors à m'aboyer dessus. Ils se font rappeler fissa par leurs maitres : deux SDF sont là. On plie toutes nos affaires en même temps. C'est la première fois qu'un SDF me salue et s'excuse pour ses chiens.
J'ai décidément changé de classe sociale en dormant dehors. Voilà l'autre avantage : on peut sympathiser avec d'autres types de personnes, d'habitude relativement hostiles.

Donc après 40minutes de pluie et de tonnerre, tout s'est calmé, sans se dégager, et j'en ai profité pour me laver. L'odeur de vieille sueur et les cheveux sales commençait à me déranger moi-même!

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A la douche.


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Le temps est toujours sale par contre.

Parenthèse technique pour le vagabondage.
On m'a demandé de dire ce que j'emporte avec moi quand je fais ça. Trois fois rien : 2-3 bouteilles d'eau en fonction du temps, 3 pantalons, 3 t-shirts, un bon sweat-shirt pour la nuit (y compris en bus), une écharpe, quelques sous-vêtements. Appareil photo, boussole, lampe à dynamo, un carnet, un stylo, deux baguettes japonaises. Nécessaire de toilette+lessive à main au cas où le séjour s'allonge. Une paire de semelle neuve au cas où les pieds sont hors-service. Un duvet d'été (35€) et un tapis de sol gonflable légèrement (11€) sont bien sûr la base sinon on meurt dès la première nuit, un peu nul comme départ de voyage, vous êtes d'accord. Le tapis de sol est indispensable pour s'isoler un peu du sol et de la rosée. Et tant qu'à faire, si on peut épargner son dos, c'est pas plus mal, parce qu'il y a le sac à se trimbaler !
L'écharpe n'est pas pour faire jolie: la nuit ça peut cailler, et un duvet ça cache moyennement la gorge, si vraiment ça caille, trop il faut un bonnet, on se refroidit par la tête principalement ! Un Opinel ou un couteau de boucher peut être pratique pour ouvrir certains emballages.
Les bouteilles d'eau : Après avoir fini et jeté ma première bouteille d'eau, j'ai réalisé que c'était pas forcement très futé alors que je passais à coté d'une fontaine. Il faut garder une bouteille d'eau vide et la remplir avec de l'eau municipale (fontaine, robinets publiques...) pour se laver un minimum.
Le téléphone portable éventuellement si vous en avez un. Mais ça risque de vous gâcher un des côtés marrants/excitants du voyage.
Fin de la parenthèse.

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On reprend la route sacrée. Merci au Christianisme d'avoir construit des églises dans des parcs avec des jardins de qualité.

Je retourne au centre, voir ce que j'ai vu de nuit la vieille, et découvrir le reste...


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Je sais pas ce que c'est, mais c'est massif.


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La voilà. La Cathédrale. (en grand ici) Au gauche, le bâtiment est un hôtel...de luxe.

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Les pèlerins qui se grillent une clope en arrivant à la fin du chemin.

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La position la plus classique ici. Allongé en admiration devant la cathédrale après quelques kilomètres dans les pattes.

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Pèlerin vs. Saint-Jacques.

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Voilà le pèlerin classique avec une partie de la tenue (le bourdon notamment avec une micro calebasse).

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La ville est pleine d'église, tout exposer en photo ne rendrait pas grand chose. C'est tout simplement une ville magnifique et très calme malgré la quantité de personnes. C'est à voir lors d'un voyage en Espagne/Galice.

Je suis ensuite parti pour Coruña. Description dans quelques jours (vacances à Salamanque / Tolède en attendant).

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Au plaisir.

mercredi 3 septembre 2008

Jour 2 : départ de Bayonne et arrivée à St-Jacques

Direction Vigo, donc, non pas pour me réconcilier avec cette ville infâme, mais pour attraper un bus qui m'amènera à Santiago. Passage obligé en Galice. C'est comme manger un petit Lu sans commencer par les coins, c'est impensable.

Le bus quittant Bayonna était à 18H, à 19H10 je suis à Vigo, à 19H30 je suis de nouveau sur la route, dans un autre bus. Le réseau de bus est fabuleux je vous dis. Bien sûr, comme tout bon voyageur qui se respecte je n'ai aucune idée de la durée du trajet et donc à quelle heure je vais arriver à la capitale. Mais qu'importe, je n'ai plus besoin d'office de tourismes fermés, je n'ai plus besoin de chambre, c'est là que je commençais à sentir toute la puissance du vagabondage. C'est absolument jouissif.

Finalement, nous sommes arrivés à 21H. C'était le bus le plus rempli que j'ai pris jusqu'à présent et aussi celui avec la population la plus diversifiée. De l'handicapé moteur à la personne pieuse en passant par un clochard (moi) en passant par un touriste standard voulant voir la Cathédrale... Sympa donc. Vu que je n'avais pas l'air frais (2 jours sans douches, sans trop vraiment changer de vêtements, héhé) mais clairement l'air cool (je vous laisse réfléchir sur le sens de cette phrase), une femme assise à côté de moi me demande si je suis un pèlerin. Et oui, les pèlerins ce n'est pas ce qu'il manque dans le coin. Différents chemins de Saint-Jacques sont possibles et je suis persuadé qu'ils sont tous magnifiques ; pour avoir traversé quelques villes en bus et vu la campagne, faire une randonnée itinérante dans la région doit être très très agréable en été (sinon il faut apporter le ciré).

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Saint-Jacques-De-Compostelle : capitale de la Galice, classé patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 1985, une des destinations de pèlerinage les plus importantes du Christianisme, après Jérusalem et Rome. 93 000 habitants, les villes sont caractérisées par leurs paroisses. En Galice, c'est très important, La Guardia en a 3, là où Santiago en compte 29, ce qui est gigantesque.


Notre moment préféré maintenant : un peu d'Histoire.

Première question évidente à se poser:

"Pourquoi est-ce que les gens vont en pèlerinage là-bas alors qu’il n’y même pas de plage ?".

La légende dit que le corps de Saint Jacques est enterré là-bas. Les historiens ne sont pas d’accord, manque de preuve. J’ai cherché vite fait aussi, et je n’ai rien trouvé, en effet. En revanche, sur ce blog, on va admettre que c’est vrai, c’est nettement plus sympa.

"Qui est donc ce Saint Jacques ?"

Saint Jacques, apôtre et grand frère de Jean (apôtre aussi, on sent le piston d’ici), a bourlingué méchamment du Proche-Orient à la péninsule Ibérique pour prêcher la bonne parole. Comme tout bon fidèle qui se respecte, son activité ne consistait pas qu’à se promener pour convertir un maximum de monde, il était aussi très occupé à buter du Maure à tire larigot. La péninsule Ibérique étant moyennement calme à l’époque, Jack s’est rapidement vu attribuer un nom de scène : « Santiago Matamores », en français « Saint Jacques le tueur de Maures ». Son célèbre cri de guerre était « Mort au Maures !» et c'est d’ailleurs de là que vient l'insulte "tête de Maure", déformée avec le temps en "tête de mort" qui ne veut plus rien dire. On a donc affaire à un homme naturellement ouvert aux autres et prêt à partager. Après son séjour dans la péninsule, il décide de rentrer au bercail, Jérusalem, où il est directement décapité. Plutôt rude, donc, comme retour. Ses compagnons décident alors de rapporter son corps (et sa tête) à Saint-Jacques-de-Compostelle. « Ça tombe bien c’est le même nom ! », non Nicolas, la ville ne s’appelait pas comme ça à l’époque.

"D’où vient cette légende ?"

Vers 813, l’ermite Pelayo aurait eu une révélation par un ange qui lui aurait donc donné les coordonnées polaires de la tombe de Saint Jacques. Technique très utilisée pour lancer les légendes par le passé. Quoiqu’il en soit, un évêque ira vérifier tout ça et y mènera des fidèles. Début des pèlerinages. Le nom de la tombe supposée de notre casseur de Maures devient "Campus stellarum", "sépulture" en Galicien. Si on dit "Campus stellarum" mal et très vite 15 fois, essayez, ca donne "Compostelle".

"D’où vient la tenue classique du jacquet (le pèlerin de Compostelle), et pourquoi la coquille Saint-Jacques ?"

Bonnes questions. La tenue classique du jacquet se compose traditionnellement d’un bourdon (bâton de pèlerin), d’une besace, d’une winchester, d’une calebasse, d’un mantelet, d’un katana et d’un chapeau de feutre à larges bords orné d'une coquille Saint-Jacques. Cela vient tout simplement des peintures de Saint Jacques dans l’histoire lorsqu’il est représenté en pèlerin. Les coquilles de pectens ont pris le nom « Saint-Jacques » naturellement avec le temps et la célébrité du pèlerinage.

Maintenant qu’on est tous parfaitement calés en histoire on va pouvoir continuer.

Je sors donc de la gare quasiment vide pour effectuer la première étape de la visite d'une ville : choisir une direction vers laquelle marcher en espérant tomber sur le centre : mon étape préférée. Là j'ai eu bon, pas comme à Vigo. C'est là qu'on reconnait les villes de qualité.

Deux photographies de Santiago qui ne sont pas prises dans le centre, qui ne montrent pas de monuments, ça n'existe nulle part ailleurs sur Internet.

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Premier constat : la température. Un vent assez chaud, orageux, mais très agréable après le vent du littoral. Je me permets de qualifier cette température de "divine", ça ne choquera personne à Saint-Jacques...

La visite dans un prochain billet.